La grammaire pour communiquer

This post discusses how grammar lessons should help the learner to communicate rather than being a mechanical exercise of ‘garbage in, garbage out’.

Objectif : Développer une réflexion et un savoir-faire méthodologique pour la conception et la mise en place de séquences d’apprentissage mettant la grammaire au service de la communication.

Compétences visées

  • Savoir définir/repérer des objectifs grammaticaux au service d’actes de parole ou fonctions langagières spécifiques.
  • Etre capable de programmer des séquences d’apprentissage mettant la grammaire au service de la communication.
  • Pouvoir mettre en place les différents types d’activités en cohérence avec les objectifs fixés.

Quelles que soient les méthodes utilisées, la grammaire reste un passage obligé dans l’enseignement d’une langue en classe. Le Dictionnaire de notre temps, Hachette (1990) la définit comme “l’ensemble des règles d’usage qu’il faut suivre pour parler et écrire correctement une langue”.

Lorsqu’on parle, on ne fonctionne pas par rapport à des structures (grammaticales), on fait passer un sens. Alors, dans l’enseignement du français langue étrangère (FLE), la priorité de sens, de communication détermine le choix des objectifs grammaticaux.

Malgré le conflit entre la nécessité d’apprendre à communiquer et celle de réussir à l’examen, le professeur de français peut comprendre,  s’exercer et intégrer les structures grammaticales proposées au sein de la communication tant à l’oral qu’à l’écrit.

SEQUENCE D’APPRENTISSAGE

Ici, l’exemple proposé est l’unité 1 (soyez le bienvenu) du livre On y va 3 (pp.4, 6, 8). N’oublions pas qu’avant de commencer la leçon, le professeur devra cerner les points suivants : Objectif grammatical ; Objectif communicatif ; Objectif culturel ; Compétences visées :

  1. Faire des listes selon la structure de la leçon.
  2. Faire découvrir la situation, le problème en question
  3. Vérifier la compréhension du texte
  4. Faire lire le texte aux élèves.
  5. Faire écouter le texte aux élèves : écoute, lecture
  6. Mettre le texte à la disposition des élèves.
  7. Faire constater
  8. Proposer une règle
  9. Faire des exercices pour vérifier et corriger immédiatement

LA GRAMMAIRE DANS UNE METHODE COMMUNICATIVE : ON Y VA Quelle est la place accordée à la grammaire et comment est-elle abordée ?

Dans la Table des matières (p.96), la grammaire est annoncée dans la quatrième (4e) colonne intitulée ‘Apprendre et appliquer’. Comme par coïncidence, la grammaire s’affiche à la 4e colonne dans le National Curriculum. A quel moment la leçon de grammaire commence ? L’unité commence par le texte de support (à écouter et lire : CO, CE). Ensuite, la page des actes de parole suit : EO. Puis, un texte à lire et à comprendre : CE. L’avant-dernière activité est réservée à la grammaire : ‘Apprendre et appliquer’. En fait c’est la dernière activité de la présentation de la leçon. Le reste concerne les productions Des apprenants dans le but de l’évaluation et de la réutilisation. Les points grammaticaux (futur proche, voix passive, prépositions de lieux) sont abordés en contexte, en fonction des objectifs communicatifs : accueillir quelqu’un, se présenter, demander et s’excuser poliment.

En conclusion, la grammaire intervient après la leçon et les exercices. On va de la pratique aux règles (méthode inductive) et non des règles à la pratique (méthode déductive). Puisqu’elle est liée à la leçon, la grammaire est utilisée en contexte. Les points ne  sont pas traités de façon exhaustive. Seuls les points nécessaires à l’exécution de la communication sont maintenus. Cependant, le  professeur peut se permettre de varier les méthodes : inductive ou déductive.

Comment est établie la progression grammaticale ?

La progression est donc calculée. Elle suit celle des actes de parole. La grammaire vient pour accentuer l’acquisition et l’amélioration de la compétence communicative de l’élève. La progression va du plus utile au plus courant sur le plan communicatif. En d’autres termes, la nécessité des points de grammaire est liée aux actes de parole enseignés : se présenter, définir son état civil, présenter une autre personne, poser des questions et répondre. La progression est donc calculée.

Par exemple, l’acte de parole ‘se présenter’ exige les pronoms personnels (je, tu, vous, il/elle), les verbes être, s’appeler, habiter, les adjectifs de nationalité (masculin et féminin). Contrairement à la méthode traditionnelle, le professeur n’a pas besoin d’attendre jusqu’au moment où il aurait fini avec les verbes réguliers (1er et 2e groupe) avant d’aborder le verbe irrégulier ‘être’.Cf. SS1, Unit 1. Il ne commencera point par conjuguer les verbes simples du premier groupe, à les conjuguer à toutes les personnes.

Quels types d’exercices sont privilégiés pour une pratique grammaticale ?

Généralement, un petit exercice suit la présentation grammaticale. Les exercices renforcent la maîtrise de l’acte de parole, mais dans d’autres situations ou contextes. Autant que possible, les apprenants doivent d’abord utiliser (et non pas seulement apprendre par cœur) les formes grammaticales et en découvrir, par déduction, le fonctionnement. Le professeur évitera de donner les formes grammaticales en début de cours. Il fixera ensuite la règle en la résumant de la manière la plus explicite.

Par exemple : Si un professeur se fixe comme objectif grammatical ‘l’impératif’, il évitera de commencer sa leçon avec la conjugaison des verbes à l’impératif.  L’enseignant ne commence pas par faire conjuguer à l’impératif. Il choisit d’abord un acte de parole qui exige l’emploi de l’impératif : donner un ordre, une consigne, une interdiction, etc. Cet acte de parole exige, y compris l’impératif, l’infinitif et même le subjonctif. On choisira alors des activités qui mettront beaucoup plus en relief l’usage de l’impératif. Cf. SS3, Unit 5.

 CONSEILS (Selon Camille Perdereau)

  1. Suivre un schéma de cours bien préparé
  2. Insérer la grammaire dans un contexte
  3. Varier les méthodes (inductive/déductive)
  4. Ne donner que ce qui est utile
  5. Etre conscient des points de grammaire exigés à l’examen.

 

Références
Conseil de l'Europe / Conseil de la Coopération culturelle / Comité de l'éducation / Division des langues vivantes.- Cadre européen commun de référence pour les langues : apprendre, enseigner, évaluer.- Paris : Didier, 2001.- 190 p.
Federal Ministry of Education. National Curriculum for Senior Secondary Schools: French, Abuja, 2001.
VIGNER, Gérard.- La grammaire en FLE.- Paris : Hachette, 2004.
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Jennifer Coronati et les participants au module ‘Enseigner la grammaire autrement’, Stage Août 2016, Centre de Linguistique Appliquée, Besançon

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