Un nègre a violé une blonde à Dallas

Lorsqu’il écrit Un nègre a violé une blonde à Dallas, un roman qui relate les péripéties d’un mafioso nigérian en Afrique, en Europe et en Amérique, l’écrivain féministe et postcolonial nigérian, Ramonu Sanusi, a grandi et fait ses études dans des pays africains et occidentaux. Après la Maitrise au Nigeria, c’est une bourse du Gouvernement Français (1999) qui l’initie à l’exil (France, Etats-Unis et Canada) ; qui fait de lui titulaire d’un Doctorat et professeur de littérature africaine et caribéenne d’expression française aux États-Unis, au Canada et de retour à son bercail nigérian de l’Université d’Ibadan.

Très tôt, et en tant qu’étudiant, Sanusi découvre des écrivains coloniaux et postcoloniaux qui le motivent : Mongo Béti, Sembène Ousmane, Camara Laye, Alain Mabanckou, Sony Labou Tansi et Ibrahima Ly. Ces expériences suscitent en lui un intérêt dans les domaines de la littérature africaine dite coloniale et postcoloniale de même que des publications comme Mama Tutu et Cris Nègres (2003), The Spirit Child (2005), Le Bistouri des Larmes (2005) et Septième Printemps (2010), traduit comme « Seventh Spring » (pour le but d’élargir son audience) qui présente l’exil et la désillusion issus des expériences du poète à l’étranger fuyant la famine et la misère courantes en Afrique. Il existe un nombre inédit de manuels scolaire au nom de Ramonu Sanusi.

La pluralité et la richesse des œuvres de Ramonu Sanusi ont généré plusieurs thèses, articles, débats et critiques lors des rendez-vous intellectuels tels que les conférences de l’UFTAN, l’Association Nigériane des Enseignants Universitaires de Français. J’ai eu le privilège de participer à des séances de lecture et de causerie littéraire autour du roman et pendant son ébauche. J’atteste que ‘vous n’avez encore rien vu’, comme le dit l’adage. Ce magicien d’écrivain vient de nous sortir un autre tour. Ce dernier roman s’annonce plus fécond et offre une pluralité de lecture : littéraire postcoloniale et postmoderne, culturelle et stylistique. La déconstruction des thèmes et des procédés techniques de l’’écriture donne lieu à l’éclosion d’une infinité d’approches d’étude de l’œuvre et à sa dégustation littéraire.
Le suspens de roman policier et d’aventure s’enlise dans les faits de l’actualité les plus touchants qui jonchent la vie de l’enfant terrible de Boripe: la pauvreté, la corruption, les épidémies d’Ebola et du Sida, les attentats de Paris, les atrocités de Boko Haram au Nigéria, le Biafra et l’hypocrisie et l’insensibilité des puissances mondiales envers les misérables pays sous-développés.

Ajanaku, le gangster notoire du pays de Babangida Maradona, a-t-il vraiment violé l’astucieuse concitoyenne de Clinton, Jennifer Lebronsky?
Moi, je ne dormirai pas au premier banc (Nigerians no de carry last).

RDV LE 20 JANVIER 2016

IMG_20160107_024837IMG_20160107_024752

Références :

Adesanmi, Pius: « Nigerian image is a burden”, interview par Sumaila Isah Umaisha, dans EverythinLiterature; http://everythinliterature.blogspot.com/2007/07/pius-adesanmi.html, 31 août, 2009.
Sanusi, Ramonu. Septième Printemps. Ibadan : Graduke Publishers, 2010
Souleymane, Alani & Opeyemi  Duncan. « La poétique de l’exil dans Septième Printemps de Ramonu Sanusi ». Geste et Voix No 13, 95-111. Avril-Mai-Juin, 2012.

Écrit par : A. Souleymane

 

Advertisements

One thought on “Un nègre a violé une blonde à Dallas

Thanks for the comment!

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s